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Un couple : le don de deux libertés !

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Site de rencontre et mariage chrétien

Entretien entre Clarisse CROMBEZ, responsable "com" des Centres de Préparation au Mariage Chrétien et Olivier ORNA, fondateur du site de rencontre chrétien Theotokos.fr

 

site de rencontre et mariage chretien

 

«Un couple, c’est le don choisi et discerné de deux libertés au service d’un projet commun»

Olivier Orna, est le créateur de Theotokos, site de rencontre chrétien sur internet qui propose aux internautes célibataires de donner du sens à leurs rencontres. A travers l’histoire de la création de ce site et de son succès, Olivier Orna nous parle du mariage chrétien, de la formation des couples aujourd’hui, de leurs attentes et de leurs craintes, et de la rencontre avec le message du Christ que l’on peut faire parfois au détour d’un clic…

 

Clarisse COMBEZ : Pourquoi internet est-il si utile aujourd’hui dans la rencontre amoureuse ? Que manque t-il dans la société d’aujourd’hui que viendraient combler les nouvelles technologies ?

 

Olivier ORNA : Avec ma sœur Anne-Lise, nous avions fait le constat que pour un célibataire chrétien, rencontrer quelqu’un de sérieux qui partage ses valeurs n’est pas si simple. En effet, une fois qu'un célibataire a fait le tour de son milieu professionnel, amical, paroissial (où il y a surtout des personnes âgées), il reste peu d’endroits où il peut faire des rencontres sérieuses. Internet prend alors toute sa place : grâce à une telle plateforme, il peut entrer en relation avec des personnes partageant ses valeurs, au delà des kilomètres, et ainsi élargir son champ relationnel de façon exponentielle.

La vocation de Theotokos est de fédérer des célibataires porteurs d’un projet d’amour durable, et de proposer un outil, pour faciliter leurs rencontres et leurs échanges. Il y a 50 ans, la France était essentiellement rurale et les gens se rencontraient au sein du village, dans les fêtes. On travaillait là où on était nés, la vie s’organisait autour du clocher : les commerces, le travail… Aujourd’hui, dès le début des études, on part de chez soi, il y a donc des déracinements et les zones de rencontres sont fluctuantes.

 

Clarisse COMBEZ : Justement, si les célibataires changent plus souvent d’endroit, il leur est plus facile de rencontrer souvent d'autres célibataires ?

 

Olivier ORNA : Non, car on est pris dans la spirale du quotidien. Quand on quitte le milieu scolaire ou universitaire, on rompt les liens amicaux, on part parfois dans une autre ville, et on a souvent des horaires contraignants. Le facteur temps joue beaucoup dans la qualité d’une rencontre : une vie professionnelle prenante permet de rencontrer des personnes, mais pas forcemment célibataires et puis rencontrer, ce n’est pas « connaître ».

Ce qui fait le succès des sites de rencontre, c’est cette difficulté à rencontrer vraiment dans la vie réelle. Aux célibataires de profiter de cet outil de rencontre pour apprendre à se connaitre dans la vie réelle sur la base de valeurs partagées et d’un projet commun.

 

C.C : L’une des célibataires abonnée à votre site a déclaré : « A l’heure du développement durable, moi, je milite pour un amour durable ». Qu’est ce que l’amour durable ? Y a-t-il du fait de cette exigence, une peur de s’engager ?

 

O.O : La peur de l’engagement est dans l’air du temps. Le mariage devient une "folie". Aujourd’hui, rien ne pousse à s’engager durablement : les médias véhiculent l’amour comme un produit de consommation. Dans les mentalités, l’amour doit nous épanouir, donc l’autre est finalement réduit à un produit au service de sa propre satisfaction : on ne le perçoit pas comme individu, mais comme quelqu’un qui va me donner du plaisir. Dans ces conditions l'amour n'est pas durable, il est éphémère et intercheangeable.

Nous sommes également dans une société anxiogène où l’on a peur de tout : le travail, l’amour ne durent pas… donc on voudrait être assuré et réassuré sur sa vie professionnelle, amicale, amoureuse, son avenir. Or, l’amour est le domaine où l’assurance tout risques n’existe pas. A un moment, il faudra faire un « pari » sur cet engagement, avoir l’audace de relever le défi (avec discernement quand même). C’est parce qu’on le relève qu’il se construit. Cette peur de l’engagement est tellement paralysante que bon nombre de célibataires sont dans l’attente craintive d’une prince charmant ou d’une princesse charmante idéalisés qu’ils ne rencontreront jamais.

Quand je parle avec des célibataires, j’utilise souvent l’image de la piscine pour imager leur crainte et leur peur de s'engager dans le mariage. Un homme est près d’une piscine, hésitant, au bord de l’eau. Sa future épouse est déjà dans le bassin, et l’invite à la rejoindre. Mais l’homme se trouve alors toutes les bonnes raisons pour ne pas y aller : « Je ne vais pas avoir pied, l’eau est froide, je ne sais pas nager, on va se gener, cette jeune femme risque de me faire couler… ». Il ne prend pas le risque de faire un pas pour se jeter à l’eau. C’est dommage, car s’il saute, il s’aperçoit alors que c’est agréable, que l’eau et chaude, qu’il sait nager, et qu’il a rejoint sa bien aimée avec laquelle il nage de belle et joyeuse façon ! Si il n’avait pas sauté, il n’aurait pas pu le savoir. C’est là que le projet de couple prend forme et que l’on se met alors véritablement en mouvement. Sinon on reste au bord de la piscine, et on fait parfois souffrir quelqu’un. Dans ces conditions, autant ne plus fréquenter de piscine !

Il y a deux grandes peurs lors d’une rencontre amoureuse : celle de l’engagement car on pense que l’amour ne dure pas et la peur de se livrer à l’autre.

Le don choisi et discerné de deux libertés au service d’un projet commun : c’est le secret de la réussite d’un couple.

 

C.C : Lors d’une rencontre, et pour former un couple durable, comment l’autre doit-il être perçu ?

 

O.O : L’autre doit être perçu comme un allié et non pas comme un danger. Un allié sur lequel on doit poser un regard bienveillant.

Quand j’étais à une préparation au mariage, j’étais un peu interloqué par ce que j’entendais : chacun regardait ce que l’autre pouvait lui apporter. Or, il faut se demander quelle est ma fécondité avant de scruter celle de l’autre. On pense, en se mariant, que l’autre va me rendre heureux, mais c’est une exigence trop haute, il faut déjà l’être soi même. Ce bonheur, on le partage. Certains couples se minent car ils veulent à tout prix rendre l’autre heureux.

Je connais trop de célibataires qui sont tristes, et qui me disent : « Quand je serai en couple, je serai heureux », mais c’est faux ! Il ne faut pas tout attendre de l’autre. Le mariage n’est pas une guérison : je lutte contre ça.

Un jour, un père spirituel a demandé à un célibataire chrétien qui se posait la question de s’inscrire sur notre site de rencontre « Penses-tu pouvoir être heureux et pouvoir participer au bonheur de quelqu’un ? » Il a employé le verbe "participer" et pas « rendre », car c’est passif : chacun est acteur de son bonheur et de celui de son couple.

Il est très important aussi pour un couple de voir d’autres fécondités que celle biologique. Le couple est fécond en mille choses car un rayonnement, une joie de vivre émane de lui. Ce bonheur profond se construit dans l’engagement et s’y épanouira encore plus. L’engagement, c’est la preuve ultime de l’amour, cela veut dire : « je t’aime assez pour m’engager à vie ».

Engagée à distance, la rencontre peut commencer par un vrai dialogue fondateur et permet de préparer la rencontre sans a priori… On découvre l’esprit de l’autre avant de le découvrir physiquement. Mais il faut faire attention à ne pas rester trop longtemps dans le virtuel.

En effet, sur un site de rencontre, un célibataire avance en sécurité. Il n’est pas obligé de se livrer tout de suite. Et quand il possède suffisamment d’éléments, il décide quand il est prêt à rencontrer. Il ne faut surtout pas attendre un flash lors d'une première rencontre, mais si l’heure passée ensemble a été sympathique, pourquoi pas se retrouver le week-end d’après…Les personnes voudraient que ce soit évident dès la première rencontre, mais le coup de foudre est plutôt rare, il faut même parfois s’en méfier car il peut « flouter » notre capacité de discernement.

En même temps avec la distance, il y a un risque de projeter tous ses désirs sur l’autre et d’en faire un modèle idéal. Le soufflet peut alors très vite retomber lorsque l’on rencontre la personne dans le réel.

Pour certains célibataires, c’est assez stressant de passer du virtuel au tête à tête. On se met, et on met à l’autre, une pression démesurée. Un célibataire vit souvent son premier rendez-vous avec en arrière pensée : « Est-ce mon futur époux ? Ma future femme ?" Là question est un peu prématurée ! Il s’agit avant tout d’avoir le plaisir de rencontrer une personne pour échanger et se réjouir avec elle de ce qui fait nos vies, nos loisirs, nos projets. Ce n’est que peu à peu, au fil des échanges, que les sentiments évoluent.

C’est pourquoi nous proposons aussi aux célibataires des sorties. Grâce à des évènements partagés entre célibataires, on peut pour découvrir l’autre parmi un groupe, lors d’une retraite, d’une conférence, d’une sortie en montagne… sans pression inutile.

 

C.C : Parlez nous de la présence de l’Eglise sur internet, est-ce un bon support pour son message ? Un père qui prépare des couples au mariage a dit à propos d’internet : « Dieu se sert de tout » ! Qu’en pensez-vous ?

 

O.O :Vous vous souvenez de l’expression qui définissait les capacités du web au début de son apparition « Le monde est un village » Or, dans tous les villages, il y a un clocher. Il serait dommage que dans le village web il n’y ait pas de présence chrétienne.

Au détour d’un site, même de rencontre, on peut toucher un cœur, un clic peut débuter un chemin de conversion. 20% des personnes qui visitent Theotokos ne sont pas de confession chrétienne mais elles sont touchées par les valeurs chrétiennes qui y sont déclinées.

Il s’agit pour nous de partir d’un angle très humain : la rencontre amoureuse. A travers cette quête ds célibataires, il est proposé un espace spirituel. Il peut porter du fruit, c’est important d’avoir cette présence là, gratuite, accessible à tous.

L’Eglise se doit d’être au coeur de la cité web et d’être proche des préoccupations du cœur de l’Homme. Elle a sa place sur internet. Elle doit proposer des espaces de réflexion, de prière, des réponses pragmatiques, ancrées dans le quotidien de l’homme, sur sujets contemporains.

 

Notre foi doit nous aider à ne pas devenir des personnes "religieuses", mais à vivre notre vie en Vérité dans la joie simple d’être Aimé et d’aimer !

 

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