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Séparés, Divorcés ; le Christ consolateur est à vos côtés !

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Séparés, divorcés : la position des Eglises chrétiennes

Certains de nos abonnés ont parfois  connu une vie maritale et la douleur d'un veuvage, d'une séparation ou d’un  divorce souvent subi. 

Ils nous font part avec simplicité et parfois désarroi de leurs interrogations et de leurs souffrances.

Nous saluons leur désir de fonder un nouveau couple  et leur volonté de le placer sous le regard de Dieu Miséricordieux.

Compte tenu de la diversité des profils présents sur notre site (catholique, protestant, orthodoxe),  il nous parait opportun d’apporter  un éclairage sur la  position  des Eglises Chrétiennes sur le divorce et sur la cause en déclaration de nullité de mariage.

Divorcés : le Christ consolateur est à vos côtés !

Nous sommes convaincus que le Christ, abandonné de tous au jardin des oliviers, est particulièrement proche des cœurs blessés dans l’amour. Et  combien sont blessés les cœurs des personnes divorcées ou séparées : double blessure  née de l’échec amoureux et d’un sentiment d’exclusion de la communauté ecclésiale.

Alors que bon nombre de divorcés se remarient sans véritables états d’âme, certains s’interrogent et  désirent inscrire  leur pas sur  le Chemin, la Vérité et la Vie.

Le Christ porte un regard d’une infinie tendresse sur leur  besoin d’être en Vérité, leurs efforts, leurs découragements, leurs tristesses.

Le chemin qu’ils entreprennent est un véritable chemin de foi, d’humilité, de sainteté.

Il s’agit de ne pas sombrer dans l’amertume, le repli sur soi,  le ressentiment, mais  de naître à nouveau.

« Peu importe que, dans l’intime de toi-même tu sentes, comme un poids naturel, la tendance à te replier sur tes tristesses et tes défauts…

Peu importe que humainement, tu te trouves « raté », si Dieu, lui, te trouve réussi à son goût..

Petit à petit Notre Seigneur te conquiert et te prend pour Lui…". (Teilhard de Chardin)

Le  plus difficile est d’accepter  d’ouvrir à nouveau son cœur pour recevoir, donner, pardonner, aimer et être aimé ! Là est le plus dur… Et pourtant, dans le respect de nos libertés, et si seulement nous le voulons, Le Seigneur nous invite à aller plus en avant, dans l’amour, le pardon, la confiance, au-delà de nos pauvretés, de nos faiblesses, de nos peurs, de nos ressentiments.

A chaque jour suffit sa joie disait  il y a quelques jours l’un de nos abonnés ! Alors réjouissons nous du plus petit mouvement d’amour et surtout que nos peurs, nos ressentiments, nos désillusions, nos faiblesses, notre tristesse ne nous effraient pas,  elles sont le signes de nos blessures, donnons tout au Christ ! Il est venu pour les porter, pour les guérir de sa douce Miséricorde. Rien ne le rebute puisqu’il nous aime infiniment !

La souffrance, la base nécessaire à une oeuvre plus pleine ?

Pourquoi donc Dieu permet-il cette traversée du désert, cette amère tribulation  ?

Marthe Robin, fondatrice des foyers de Charité, écrit que « Le Christ nous enseigne que la souffrance est la marque et le vivant témoignage de l’Amour. Celui qui n’aura pas connu l’angoisse de la douleur ne pourra jamais pleinement goûter les beautés de la joie profonde.

 Nous ne sommes pas ce que nous voulons et pour vouloir tout ce que nous sommes, tout ce que nous devons être, il faut que nous acceptions sa leçon et ses bienfaits».

Le Christ nous invite certainement à  goûter les beautés de cette joie profonde. La véritable Joie appréciée par des cœurs qui ont souffert et qui acceptent non seulement de pardonner mais aussi de recevoir le pardon puis à nouveau de s’abandonner, de se livrer à l’amour de Dieu.

Marthe Robin ajoute que : « Le cœur de l’homme, dit-on, se mesure à l’accueil qu’il fait de la souffrance car elle est en lui empreinte d’un autre que lui. Elle tue quelque chose de nous pour y mettre quelque chose qui n’est pas de nous. Et voilà pourquoi elle révèle ce scandale de notre liberté, de notre raison.

Ainsi, la souffrance est en nous comme une semence divine, comme le grain de froment qui doit mourir avant de germer. Elle est la base nécessaire à une oeuvre plus pleine.

Qui n’a pas souffert d’une chose, ni ne la connait, ni ne l’aime.

Et le sens de la douleur, c’est de nous révéler ce qui échappe à la connaissance et à la volonté égoïste, c’est d’être la voie de l’amour effectif parce qu’elle nous déprend de nous et de nos tendances humaines pour nous donner à nos frères et nous donner à tous. »

Quelque soit notre situation, il est  précieux  consulter un prêtre,  un pasteur ou une association chrétienne  afin d'être accompagnés  dans ce que nous vivons  et éclairés fraternellement dans nos décisions.

Quelle est la position des Églises orthodoxes sur le remariage des divorcés ?

Les Églises orthodoxes considèrent  le mariage comme un sacrement, mais en cas de divorce elles insistent sur la compassion à l'égard de ceux qui ont à vivre cette souffrance. Elles admettent la possibilité d'un remariage religieux.

Elles accordent à l'époux innocent une simple bénédiction à l'église, c'est une prière pénitentielle instante et compatissante pour la personne qui n'a pas eu la force de rester seule. La cérémonie ne comporte pas le rite solennel  du couronnement des époux  qui est le signe sacramentel du mariage et qui caractérise le mariage orthodoxe. 

 Quelle est la position des communautés protestantes  sur le divorce ?

Pour les protestants, le mariage n'est pas un sacrement comme le baptême ou l'eucharistie. C'est un lien à l'image du lien entre Dieu et son peuple, c'est un appel à la fidélité totale. Mais l'Église tient compte des situations d'échec. La bénédiction d'un remariage est possible, mais ne peut être autorisée qu'après un examen de chaque cas particulier .

La position de l'Eglise Catholique sur le divorce

Pour les catholiques,  le mariage est un sacrement. L’Église catholique  est contre le divorce, mais lorsque  le divorce devient un moindre mal, elle ne s'oppose pas au divorce. Elle considère qu’un couple marié religieusement peut parfois se séparer et même divorcer.

Comme  s'exclamait un prêtre face à une union devenue invivable et malsaine : "à l'impossible nul n'est tenu ! ".

Vivre séparé après une vie de couple marié chrétiennement n'est pas un motif d'exclusion des sacrements. Un divorcé qui n'est pas remarié et qui ne vit pas en concubinage peut donc communier et recevoir les autres sacrements.

 Par contre l’engagement que chacun avait pris vis-à-vis de l’autre dans son mariage religieux subsiste même dans cette situation de séparation. Donc l'Église  ne remariera pas  l’un ou  l’autre des membres du couple vivant séparés.

La Cause en déclaration de nullité de mariage

Nous recevons de très beaux témoignages de personnes de confession catholique qui ont fait la courageuse, confiante et humble démarche de demande de nullité de mariage en replaçant leur précédent mariage sous le regard de leur Eglise. 

Belle et libre démarche de foi, d'humilité, d'abandon et de confiance. Au delà de ce difficile cheminement, beaucoup nous confient les grâces reçues et leur nouvelle perception de la beauté du sacrement du mariage.

Par ailleurs, nous ne pouvons passer sous silence le beau choix de ceux qui entendent rester fidèles  à leur première union qu’ils perçoivent intimement comme valide  malgré la désertion de leur  conjoint. (Vous trouverez en fin de dossiers les associations et communautés qui peuvent vous accompagner).

Dans quels cas, l’Église catholique peut reconnaitre la  nullité d’un mariage ?

Le droit du mariage des chrétiens prévoit l'éventualité de la nullité de ce sacrement. En effet, dans le sacrement de mariage, l’homme et la femme posent, en alliance avec Dieu, un acte humain, c’est-à-dire un acte qui doit être lucide et libre. La connaissance qu’ils ont de l’engagement matrimonial conforme à l’esprit évangélique, ainsi que la volonté de le contracter, doivent donc être exemptes de toute défectuosité grave.

Si le fidèle a quelque doute quant à la validité de son sacrement de mariage, il est en droit de demander à l’Eglise d’examiner son engagement. Cela se fait dans une procédure spéciale appelée “cause en déclaration de nullité de mariage”. La déclaration de nullité de mariage prend en considération une carence grave qui marque le consentement au jour du mariage, et non un échec seulement postmatrimonial.

C’est la raison pour laquelle la longueur de la vie commune, ainsi que le nombre des enfants, ne sont point des obstacles à une telle démarche. De plus, dans une sentence de nullité, personne ne laisse entendre qu’il n’y a jamais eu entre les époux de lien émotionnel, physique, moral ou personnel, ou bien que le passé est effacé comme s’il n’avait jamais existé.

Il est bien entendu que l’Officialité ne “juge” pas les conjoints pour déterminer qui a tort ou qui a raison, mais seulement la qualité de leur consentement, en répondant à la question : “le mariage célébré tel jour en tel lieu entre telles personnes, est-il valide ou non, et cela, pour quel motif ?”

Pour quelles raisons un mariage peut-il être déclaré nul ?

Les motifs de la nullité sont appelés “chefs de nullité”.Définis par le Code de droit canonique, les principaux chefs pour lesquels un mariage peut être déclaré nul sont :

* L’inhabilité matrimoniale, en raison :

- soit d'un grave défaut de discernement :

Le discernement suppose l'usage suffisant de l'intelligence et la libre volonté, c'est-à-dire une connaissance pratique de la chose à juger, la capacité de percevoir en qui on est personnellement concerné par cette chose, et la libre volonté d'en accepter pour soi les conséquences.

Le grave défaut de discernement concernant les droits et les devoirs essentiels du mariage rend incapable de contracter mariage. Il peut avoir plusieurs origines : l'immaturité grave, le manque de liberté interne, des pathologies diverses, etc.

- soit d’une incapacité à assumer les obligations essentielles du mariage :

C'est la capacité du sujet à donner l'objet du mariage qui est mise en cause. Certaines personnes peuvent consentir au mariage mais, pour des raisons de nature psychique, elles se révèlent incapables de remplir l'engagement qu'elles prennent. Autrement dit, il y a chez elle une inhabilité à assumer les obligations essentielles du mariage, à savoir par exemple la communauté de toute la vie, le bien du conjoint, la fidélité, etc...

* L’exclusion  du mariage lui-même ou d’un de ses éléments essentiels :

Si il y a contradiction entre le consentement intérieur et les paroles ou signes censés exprimer ce consentement. Les paroles prononcées ("oui") paraissent signifier l'acceptation du mariage chrétien, mais en réalité, il y a exclusion soit du mariage lui-même ou de sa sacramentalité, soit d'un de ses éléments essentiels ou d'une de ses propriétés essentielles, à savoir l'unité du mariage (la fidélité à un seul conjoint), l'indissolubilité (la fidélité toujours) et la procréation. Ainsi, une personne peut exclure l'unité du mariage lorsqu'elle se marie avec la volonté manifeste de ne pas respecter la fidélité conjugale. Elle peut exclure la procréation lorsqu'elle refuse totalement et définitivement la procréation. Enfin, cette personne peut exclure l'indissolubilité lorsqu'elle rejette totalement la perpétuité du lien matrimonial.

* L'erreur

D'une manière générale, l'erreur est un vice du consentement susceptible d'entraîner la nullité d'un acte juridique (canon 126).

L'erreur sur la personne est une erreur portant sur l'identité même de cette personne qu'on épouse (Jacob épouse Léa qui en fait s'est substituée à sa soeur Rachel); il s'agit alors d'un vice du consentement qui invalide le mariage (canon 1097 §1).

On parle également d'erreur sur une qualité de la personne. S'il n'y a erreur que sur une qualité accidentelle (par exemple le fait d'être riche ou pauvre), le mariage est valide. En revanche, si la qualité est "directement et principalement visée" par l'autre contractant, elle devient substantielle et le consentement matrimonial est vicié (canon 1097 §2).

* Le dol

Le dol est une tromperie qui entraîne un vice du consentement. Il doit être commis en vue d’obtenir le mariage et doit porter sur une qualité essentielle de l’autre partie (par exemple, lorsqu'un élément de la vie d'un contractant - une maladie, une stérilité - est délibérément caché).

* La violence ou la crainte grave externe

 Un des contractants se trouve aux prises avec une pression telle qu'il est "forcé" au mariage. La crainte est l'effet psychologique d'une menace ou d'une contrainte physique ou morale. On parlera par exemple d'une grave crainte "révérentielle" d'un fils ou d'une fille vis-à-vis de ses parents.

Ces chefs de nullité doivent, après instruction, être prouvés.

  Comment entamer une procédure de nullité ?

Le conjoint qui souhaite un jugement de l’Eglise quant à la validité de son mariage, commence par s’adresser à un avocat ecclésiastique, qu’il peut choisir sur une liste disponible au siège de son Evêché. Les avocats ecclésiastiques sont spécialement formés à ce genre de procédure et ont reçu un agrément des Evêques.

Ils remplissent ainsi un service d’Eglise et ne demandent pas d’honoraires.

* La partie demanderesse expose sa situation à l’avocat qu’elle a choisi.

Le rôle de ce dernier est :

a) de discerner l’opportunité d’une telle démarche ainsi que son fondement canonique;

b) d’aider la personne à constituer son dossier (une requête officielle, un résumé des faits, une liste de témoins et autres preuves); ce dossier peut alors être envoyé à l'Officialité;

c) d’assister et de représenter l’intéressée tout au long de la procédure.

 

 

 * L'Official qui reçoit un dossier de demande de déclaration de nullité de mariage constitue un tribunal dont il fait généralement partie.

Après admission de la requête et détermination du ou des chefs de nullité retenus ("le doute"), la cause peut être instruite.

L'instruction commence par la déposition des époux, chaque conjoint étant entendu séparément. Si l'autre conjoint ne veut pas participer au procès (personne ne peut l'y contraindre), la procédure continuera sans lui.

Ensuite, le juge instructeur procède à l'audition des témoins désignés par chacune des parties ou convoqués sur sa propre décision. Il recueille également les documents éventuellement utiles à l'examen de la cause.

 Il peut aussi faire appel aux services d'un expert : médecin psychiatre, psychologue, graphologue, etc...

 Au terme de cette instruction et après avoir pris connaissance des actes de la cause, l'avocat de la partie demanderesse (ou les deux avocats si chaque époux en a un) présente par écrit sa plaidoirie.

Dans les procès matrimoniaux intervient le "défenseur du lien" dont le rôle est de défendre - avec réalisme - le lien du mariage (un peu comme le procureur d'un tribunal civil). Après avoir pris lui aussi connaissance du dossier et reçu la plaidoirie de l'avocat, le défenseur du lien rédige à son tour ses remarques.

 

A la fin, le collège des trois juges ecclésiastiques nommés se réunit et tranche. Une sentence est rédigée par l'un d'entre eux appelé "ponent".

 

Pour aller plus loin