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Comment éviter que le célibat entraîne une blessure de l’ego?

S'interroger

"Nous sommes sur Terre pour nous enchanter mutuellement"

Psychothérapeute, Thomas d’Ansembourg est l’auteur de plusieurs best-sellers dont "Cessez d’être gentil, soyez vrai". Pour theotokos.fr, il livre sa vision du célibat, temps qu’il a lui-même connu avant de se marier à l’âge de 40 ans.

Pourquoi certaines personnes sont-elles célibataires alors que d’autres non ?

Je crois que l’on peut être célibataire par choix, par goût de cette autonomie, de cette disponibilité à suivre son propre fil sans avoir à tenir compte de l’autre. Il s’agit là d’une voie possible d’expansion de soi-même. A l’inverse, on peut aussi être célibataire par contraction de son être, par peur, par méfiance vis-à-vis de l’engagement. Beaucoup – et cela a longtemps été mon cas – ont peur de perdre leur liberté en se mariant et se maintiennent dans un célibat que je qualifie de « défensif », c’est-à-dire visant à ne pas risquer de perdre le fil de son existence.

L’éducation catholique que j’ai reçue m’a faussement fait assimiler qu’aimer c’était s’oublier complètement. Mais je ne voulais pas m’oublier ! D’ailleurs, je ne savais pas qui j’étais. Ainsi, je me disais que je ne pourrais m’engager que le jour où je me serais découvert.

Mal se connaître est un frein à l’engagement dans une vie de couple ?

J’en suis convaincu. Si nous apprenions à savoir qui nous sommes réellement, nous trouverions un état de paix intérieur qui nous permettrait de nous ouvrir à l’autre et à une vraie relation qui n’est pas la compensation d’un manque. En effet, beaucoup s’engagent dans la vie de couple avec ce désir ce qui n’est pas le meilleur moyen de créer un couple solide. Lorsque j’ai débuté en tant que thérapeute, j’ai accompagné beaucoup de couples en difficulté. J’étais encore célibataire. Cela m’a permis de comprendre la mécanique de la difficulté. Beaucoup de gens se mettent en lien pour compenser leur mal-être, leur manque… L’autre sert alors de béquille. Or, nous ne sommes pas sur Terre pour se compenser mutuellement ; nous sommes sur Terre pour nous enchanter mutuellement.  « Les piliers du temple s’érigent à distance. Le chêne et le cyprès ne croissent pas dans l’ombre l’un de l’autre », écrivait Khalil Gibran dans Le prophète.

Vous-même avez longtemps été célibataire. Comment avez-vous traversé ce temps en solo ?

Je me suis marié à 40 ans. J’ai eu à développer davantage de vie intérieure pour créer un espace de liberté intime qui ne serait plus jamais dépendant d’un autre. Avant, ma liberté était très attachée au regard d’autrui, à sa reconnaissance, etc…  J’ai eu besoin de m’ancrer pour pouvoir accueillir la différence sans la vivre comme une menace. Il n’est possible de faire de la place à l’autre qu’en commençant à en créer une pour soi.

Comment l’injonction de votre best-seller "Cessez d'être gentil, soyez vrai"  s’applique aux personnes célibataires ?

Le célibat peut permettre d’apprendre à être vraiment soi-même, à s’autoriser à exister, à être dans l’expansion de son être profond. Selon moi, l’authenticité est ce qu’il y a de plus touchant entre deux êtres. Inversement, jouer un rôle pour être gentil, pour faire semblant est source de confusion. Le jeu de séduction peut durer un moment mais finit par biaiser la relation et créer de l’amertume entre deux êtres.

Comment éviter que le célibat entraîne une blessure de l’ego ?

Ce qui nous arrive ne nous arrive pas par hasard : il s’agit de ma conviction profonde, spirituelle. Ce temps nous est proposé comme une expérience de transformation pour comprendre ce qui s’est fermé en nous, quels sont les mécanismes qui bloquent l’accès à la relation et démanteler notre système de croyances négatives les plus courantes : je n’ai pas droit au bonheur, je ne mérite pas un amour véritable, mes parents étaient malheureux alors, par loyauté, je suis malheureux comme eux. Il s’agit là de mécanismes psychologiques extrêmement puissants qu’il est important de comprendre et de faire connaître pour ne pas s’y laisser piéger.

Le couple est un lieu de ressourcement et en même temps, il est un creuset de transformation dont on ne sort jamais indemne. On y lâche son armure pour aller à la rencontre de sa vraie personne. Ainsi, être en couple n’est pas forcément confortable !

Sommes-nous tous appelés à nous marier ?

Selon moi, clairement non. Tous les couples ne choisissent pas le mariage et il est bien sur possible de vivre une vie très heureuse sans être en couple. Je connais beaucoup de célibataires heureux et biens dans leur vie. En choisissant le célibat, ils ont souhaité mettre toute leur énergie au service d’un art, d’une carrière, etc… Mais pas particulièrement dans une relation.

Vivre en couple c’est accepter de donner du temps à faire vivre cette troisième personne, ce « nous », fruit du « toi » et du « moi ». Le « nous » a sa naissance, a sa croissance, sa joyeuse expansion si on s’en occupe bien. Il peut même tomber malade et mourir si l’on ne s’en occupe pas.

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