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Pourquoi tu fuis les « bonnes personnes » ?

S'interroger

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« Mais enfin, il/elle est parfait(e) pour toi ! »

On voulait te parler d'un truc qu'on voit systématiquement en coaching, et que franchement, on a tous les deux vécu de notre côté avant de se rencontrer.

Tu sais cette personne que tu as croisée il y a quelques mois (ou années) ? Celle qui était clairement intéressée, disponible, et qui avait toutes les qualités que tu recherches « sur le papier » ? Celle dont tes amis te disaient « mais enfin, il/elle est parfait(e) pour toi ! » ?

Et pourtant... rien. Pas d'étincelle.

Oui, et pourtant... rien. Pas d'étincelle. Pas de désir. Juste cette sensation bizarre de vide ou d'inconfort qui t'a fait prendre tes jambes à ton cou.

Mirana se souvient d'un mec génial qui voulait l'épouser. Croyant, stable, gentil. Elle a rompu en se disant qu'elle ne ressentait « rien ». Quelques mois après, elle se retrouvait à pleurer pour un type émotionnellement indisponible qui la faisait souffrir.

David, lui, a fui pendant des années toutes les femmes qui montraient un réel intérêt. Trop simple, trop rapide, trop évident. Il préférait se consumer pour celles qui le rejetaient, en se disant que « l'amour, ça doit se mériter ».

On croyait tous les deux que c'était juste une question de compatibilité. Qu'on n'avait pas trouvé « la bonne personne ». En réalité, on reproduisait exactement les dynamiques relationnelles qu'on avait apprises enfant.

Ton inconscient est programmé pour chercher ce qui lui est familier

Ton inconscient est programmé pour chercher ce qui lui est familier, pas ce qui est sain. C'est ce que décrit la théorie de l'attachement, formalisée par le psychiatre John Bowlby : si l'amour dans ton enfance était conditionnel, distant, ou imprévisible, ton style d'attachement va considérer qu'une relation stable et disponible est... suspecte. Voire ennuyeuse.

C'est pas que tu as un mauvais goût en amour. C'est que ton attirance est calibrée sur ce que tu as connu, pas sur ce dont tu as besoin.

Et ça, ça change tout de le comprendre. On t'en parle parce que c'est probablement le mécanisme le plus important à saisir si tu veux vraiment sortir du célibat. Ce paradoxe bizarre : fuir les bonnes personnes et courir après celles qui nous font souffrir.

Ce qui se joue dans ton corps : dopamine et ocytocine

Pour comprendre ce paradoxe, il faut savoir que ton cerveau ne fabrique pas l'amour avec une seule hormone, il en utilise plusieurs. Deux comptent particulièrement ici.

La dopamine, c'est l'excitation, la nouveauté, l'attente, le manque, l'obsession. C'est elle qui donne le vertige des débuts. L'ocytocine, c'est autre chose. Surnommée « l'hormone de l'attachement », elle favorise la confiance et l'intimité : c'est elle qui te fait te sentir en sécurité avec quelqu'un, à ta place, sans avoir à te tenir sur tes gardes.

Deux hormones, deux expériences totalement différentes. Et c'est là que ça devient intéressant : on peut vibrer très fort pour quelqu'un sans s'attacher du tout.

Quand la personne en face n'est pas disponible, la relation ne devient jamais vraiment réelle. Il n'y a donc aucun risque de blessure, de rejet, de critique. Ton système de protection ne sonne pas l'alarme, parce qu'il n'y a rien à protéger. Ce qui circule alors, c'est surtout la dopamine : l'intensité, l'attente, le message qu'on guette, les montagnes russes.

Tu ressens quelque chose de très fort. Et comme c'est souvent la chose la plus forte que tu aies ressentie, tu confonds ça avec de l'amour. Cette « étincelle » ? C'était pas de l'amour, c'était de l'adrénaline et de la dopamine. Le signal que ton inconscient t'envoyait : « Attention, tu es en territoire connu, tu sais comment te battre ici. »

Pourquoi une personne bien peut te sembler « fade »

Face à une personne disponible, stable, prête à s'engager, tu ne ressens souvent rien de comparable. Pas d'élan, pas de coup de cœur. Plutôt une sorte de calme plat, que tu interprètes comme un manque d'alchimie.

Voici ce qui se passe réellement. Selon la théorie polyvagale développée par le chercheur Stephen Porges, ton système nerveux a deux modes de fonctionnement. Au repos, il est disponible pour le lien : l'ocytocine peut faire son travail, et l'attachement devient possible. En alerte, le cortisol monte et tout passe en position de défense. Ton corps ne fait pas les deux choses en même temps : se protéger, et se lier.

Si tu as appris très tôt que l'intimité était risquée, alors c'est la proximité elle-même qui déclenche ton alerte. Ce qui veut dire que face à quelqu'un de disponible, tu n'as pas « pas de feeling » : quelque chose en toi t'empêche, à cet instant précis, de t'attacher.

Imagine quelqu'un qui a grandi dans le bruit permanent. Le jour où on le met dans une pièce silencieuse, il ne dit pas « enfin la paix ». Il dit « il ne se passe rien ici, je m'ennuie ». Ce que tu appelles l'ennui n'est pas un verdict sur l'autre : c'est une information sur ton propre fonctionnement. Le coup de cœur n'est pas un critère de compatibilité, il mesure la familiarité.

Comprendre ne suffit pas : deux étages différents

Tu as peut-être déjà tout compris de ce mécanisme, et pourtant, dans une relation, ton corps refait exactement la même chose. Ce n'est pas parce que tu n'as pas assez travaillé sur toi. C'est même souvent l'inverse : les personnes qui butent sur ce paradoxe sont souvent celles qui ont le plus cherché à se comprendre.

Comprendre, ça se passe dans ta tête, et tu peux le décider. T'attacher, ça se passe dans ton corps, et ça ne se décide pas. Ce sont deux étages différents. Ta compréhension a beau être excellente, elle ne parle pas la même langue que ton amygdale, ce petit détecteur de danger qui décide en une fraction de seconde si tu peux être en paix ou s'il faut passer en alerte.

C'est pour ça que tu peux tout savoir de toi et te refermer quand même face à une personne saine. Ton retrait n'est pas du désamour. C'est souvent la mesure de ce que ton système nerveux t'autorise à ressentir sans danger.

La vraie question, c'est « comment je sors de ce piège ? »

Parce que la vraie question, c'est pas juste « pourquoi je fais ça ? ». La vraie question, c'est « comment je sors de ce piège ? »

Mirana a mis du temps à comprendre que son attirance pour les hommes émotionnellement distants n'était pas le signe d'une « vraie » alchimie. C'était juste son système nerveux qui reconnaissait un environnement familier : un père aimant mais absent, qu'il fallait mériter, dont il fallait capter l'attention.

David, de son côté, a compris que son évitement des femmes disponibles venait d'une croyance profonde : « Si elle me veut vraiment, c'est qu'elle ne me voit pas tel que je suis ». Il se disait qu'il fallait qu'il soit rejeté pour prouver sa valeur en conquérant l'impossible.

Dans un couple, vous ne vivez pas toujours la même histoire

Ce mécanisme n'explique pas seulement pourquoi tu fuis avant même que la relation commence. Il explique aussi pourquoi certaines relations qui ont bien démarré s'arrêtent toujours au même moment, sans qu'on comprenne pourquoi.

Dans une relation entre une personne au fonctionnement plutôt anxieux et une personne au fonctionnement plutôt évitant, les deux vivent la même histoire, aux mêmes dates, avec les mêmes soirées et les mêmes conversations. Mais ils ne vivent pas la même chose à l'intérieur. Ce schéma est bien connu des thérapeutes de couple : c'est ce que la thérapie centrée sur les émotions (EFT), développée par Sue Johnson à partir des travaux de Bowlby, appelle le « cycle de poursuite-retrait ».

Chez l'une, l'excitation des débuts et l'attachement se mettent en place ensemble : le lien se tisse pour de bon. Chez l'autre, l'excitation des débuts est bien là, mais son système ne laisse pas l'attachement s'installer derrière. Quand l'intensité retombe, ce qui est mécanique et arrive chez la plupart des couples, la première personne a déjà un attachement solide qui prend le relais. La seconde, elle, se retrouve sans rien à quoi se raccrocher, et en conclut « je ne suis pas amoureux(se) ». La relation, qui était légère, devient une pression.

Alors le cycle s'enclenche : plus l'une avance pour retrouver le lien, plus l'autre recule pour respirer. Plus l'autre recule, plus la première s'inquiète et avance encore. Il n'y a pas eu de faute, ni de mot de trop. Il y a eu deux systèmes nerveux qui ne recevaient pas les mêmes signaux.

Si tu veux aller plus loin sur ce que ça change concrètement au quotidien à deux, on en parle aussi dans Les 7 attitudes pour pouvoir faire couple.

L'attirance, ça se rééduque

Le truc qui change tout, c'est de réaliser que l'attirance, ça se rééduque. Non, tu ne vas pas devenir attiré(e) par n'importe qui. Mais tu peux apprendre à ton système nerveux que la sécurité, la disponibilité et la constance ne sont pas des menaces. Qu'une personne qui te montre clairement son intérêt n'est pas « trop facile », mais juste... saine.

Envie de mettre un nom sur ton propre fonctionnement avant d'aller plus loin ? Tu peux commencer par faire le test de style d'attachement.

Ça demande du temps. Ça demande de la conscience. Et souvent, ça demande d'être accompagné(e) pour démêler ces fils invisibles qui guident tes choix amoureux depuis l'enfance.

C'est exactement ce qu'on fait : on travaille sur ces mécanismes profonds qui sabotent l'attirance pour les bonnes personnes, et on aide à reconstruire une boussole relationnelle alignée avec ce qui nourrit vraiment.

Si tu sens que c'est ce dont tu as besoin, on peut en discuter. On propose des appels découverte gratuits pour voir ensemble si notre accompagnement pourrait t'aider.

Réserve ton appel Découverte ici

En attendant, commence par t'observer. La prochaine fois que tu ressens une « étincelle » pour quelqu'un, demande-toi : est-ce que c'est de l'attirance ou de l'adrénaline ?

Pourquoi tu fuis les « bonnes personnes » : le replay

David et Mirana Miquel, coachs et thérapeutes en relations amoureuses

David & Mirana Miquel

Questions fréquentes

Pourquoi je ne ressens rien avec quelqu'un de bien pour moi ?

Parce que ton système nerveux associe la sécurité et la disponibilité à quelque chose d'inconnu, donc de suspect. L'absence d'« étincelle » ne signifie pas absence de compatibilité : c'est souvent le signe que la relation ne réactive pas les schémas d'attachement auxquels tu es habitué(e) depuis l'enfance.

Le coup de cœur est-il un bon indicateur pour choisir son partenaire ?

Pas toujours. Le coup de cœur mesure surtout la familiarité d'une dynamique relationnelle, pas sa qualité. Une intensité immédiate peut simplement signaler que ton système nerveux reconnaît un terrain connu, même s'il n'est pas sain pour toi.

Peut-on vraiment changer son attirance amoureuse ?

Oui. L'attirance se rééduque avec le temps, la conscience de ses schémas et, souvent, un accompagnement. Ce n'est pas une question de volonté seule : c'est un apprentissage progressif de ton système nerveux, pas une décision ponctuelle.

Pourquoi mes relations s'arrêtent-elles toujours au même moment ?

C'est souvent lié à la retombée naturelle de l'intensité des débuts, qui survient généralement au cours de la première année. Si l'attachement ne s'est pas installé derrière cette intensité initiale, la relation peut sembler soudain vide, alors qu'il ne s'agit que d'un passage obligé pour la plupart des couples.

Un couple anxieux-évitant peut-il durer ?

Oui, à condition que les deux partenaires comprennent le mécanisme en jeu. Le cycle poursuite-retrait n'est pas une fatalité : il peut s'apaiser dès que chacun identifie sa part et apprend à répondre différemment aux signaux de l'autre.

Comprendre mes schémas amoureux suffit-il à les changer ?

Non, pas seul. Comprendre se passe dans la tête ; s'attacher se passe dans le corps. C'est pour cela que beaucoup de personnes « savent » sans que rien ne change dans leurs relations : un accompagnement permet de travailler ce que la seule compréhension ne suffit pas à transformer.

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