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Femmes, soyez soumises à vos maris

S'interroger

Une soumission de la femme à son mari ? 

L’église proposait dernièrement comme lecture le fameux texte de Saint Paul qui recommande aux femmes d’être soumises à leur mari. A l’heure des revendications pour l’indépendance économique, affective et sociale de la femme, le texte surprend une fois de plus, suscite incompréhension, voire colère. Politiquement incorrect, il peut même provoquer un rejet catégorique. Saint Paul serait-il l’éternel misogyne que l’on dépeint si souvent ? N’a-t-il vraiment rien compris à ce qu’est un couple moderne ? Ou ne serait-il que le porte parole d’une mentalité antique définitivement révolue ?

Une soumission mutuelle

Une lecture attentive du texte permet de lui donner déjà un éclairage moins négatif. Tout d’abord, il est bien vrai qu’il est demandé à la femme d’être soumise à son mari ; il n’est par contre pas demandé à l’homme de dominer sa femme. Si cette injonction de Paul concerne une relation entre deux personnes, il devrait y avoir logiquement une corrélation entre les ordres donnés à l’un et ceux donnés à l’autre. Ensuite le verset de la soumission de la femme est précédé immédiatement d’un verset demandant à tous deux d’être soumis l’un à l’autre et au Christ. De plus, il n’est pas demandé une soumission à tous les hommes ; il n’est pas question d’une place de la femme dans la société mais uniquement dans le couple et cette soumission est finalement volontaire. On ne parle donc pas des compétences, et des talents de la femme qui peuvent bien souvent être supérieurs à ceux de l’homme. La femme n’est à aucun moment jugée inférieure à l’homme ; elle lui est parfaitement égale en dignité.

Non pas une soumission mais une orientation

Mais si ces précisions sont bien justes, que reste-t-il de la recommandation de saint Paul ? Comme ce texte aux Ephésiens (5, 20 sq) concerne toutes les relations dans la famille, on pourrait se demander si Paul ne s’est pas appuyé sur la psychologie de chacun des acteurs de la vie familiale. Sans tomber dans des simplifications abusives, on peut constater que la psychologie de la femme n’est pas identique à celle de l’homme. La femme est plus dépendante de ses sentiments que l’homme et ceux-ci sont souvent plus envahissants : elle peut même se laisser complètement séduire par ce qui touche son cœur. Pensons à l’opéra Cosi fan tutte de Mozart : A la suite d’un pari quelque peu stupide, deux fiancés font semblant de partir à la guerre en laissant leurs bien-aimées désemparées. Ils reviennent déguisés et vont chacun tenter de faire tomber la fiancée de l’autre. Si les jeunes femmes résistent assez vaillamment aux assauts de séduction des jeunes militaires, elles abandonneront toute résistance, lorsque les jeunes hommes toucheront leur cœur en faisant semblant d’être malades. Mozart, en fin connaisseur de la femme, a bien compris que celle-ci peut se laisser détourner de sa volonté par le sentiment. C’est peut-être finalement le message de saint Paul. Quand il parle de soumission, on devrait comprendre une subordination du cœur. Toujours tentée de laisser ce dernier vagabonder au gré des personnes rencontrées, la femme devra se subordonner, ou plus précisément s’ordonner vers le mari qu’elle s’est choisi ; non pas s’assujettir, mais tourner amoureusement son cœur vers lui afin de s’ancrer dans un amour solide et durable.

Un amour masculin ouvert à l’autre plutôt que tourné vers soi

Il y a par contre chez l’homme un amour de soi-même plus prononcé. Son sentiment amoureux n’est pas spontanément oblatif mais plus souvent captatif. N’en déplaise aux amoureux transis, il voit assez naturellement dans la femme un objet à posséder pour lui-même. L’opéra de Mozart le dit également en mettant en scène ces deux jeunes hommes guerriers et séducteurs. Si tel est le tempérament de l’homme, il est assez normal que saint Paul fasse référence à cet amour de soi quand il parle aux hommes. Il leur enjoint alors logiquement d’aimer leur femme comme ils s’aiment eux-mêmes. En d’autres termes que l’amour que l’homme porte naturellement à lui-même devienne un amour totalement ouvert et disponible à son épouse, à travers un engagement responsable et fidèle.

Ils ne feront plus qu’une seule chair

Finalement saint Paul aurait ainsi donné à chacun le meilleur conseil possible pour que son tempérament naturel ne soit pas renié, mais amené à la perfection en s’ouvrant à l’autre dans une harmonie profitable aux deux. Ainsi sera réalisée la belle unité des époux que le récit de la Genèse magnifie en racontant la naissance de la femme. Un commentateur biblique, Matthew Henry, écrit à ce propos : « Dieu a créé la femme à partir d’une côte de l’homme, non de sa tête pour le diriger, ni de ses pieds pour être écrasée par lui, mais de son côté pour être son égale, sous ses bras pour être protégée, et près de son cœur pour être aimée ».

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